Retour au carnet

Lettre

On croit que tout s'achève avec la bataille.

On croit que tout s'achève avec la bataille.

On croit que tout s'achève avec la bataille. Que le jour où l'on part, où l'on ferme la porte, où l'on dit non, tout est réglé.

Personne ne prévient que le plus long commence là. Dans la cuisine vide. Dans les gestes ordinaires qu'il faut réinventer. Dans le corps qui continue de sursauter alors que plus rien ne le menace.

J'ai mis des mois à comprendre que je n'étais pas en retard sur ma guérison. Que le calme met du temps à convaincre un corps habitué à se défendre.

Sois patiente avec celle que tu étais. Elle a tenu longtemps toute seule.

Reconstruire n'est pas revenir en arrière. C'est habiter enfin.

esmée nefrazen