
Je suis une femme noire, française, et j'écris depuis une petite pièce claire, entre une tasse de café et une fenêtre. Ce n'est pas un bureau : c'est un refuge. Une table ancienne, un carnet ouvert, la lumière du matin qui effleure les mots de la veille.
J'ai grandi dans les livres. Dans les histoires des autres, d'abord, parce que dans celles que l'on me proposait, personne ne me ressemblait. Alors j'ai commencé à écrire la mienne — pas pour publier, pas pour être lue, mais pour tenir compagnie à celle que j'étais et à celles qui, peut-être, se reconnaîtraient.
Mes lettres parlent de ce que l'on murmure à voix basse. De la honte héritée, du pardon qui libère sans oublier, de la reconstruction après l'abandon, de la lenteur choisie. Je ne cherche pas à convaincre. Je cherche simplement à ne pas être seule dans ces mots, et à offrir à d'autres la possibilité de ne pas l'être non plus.
Lettre à ceux qui m'ont laissée écrire seule l'histoire est mon premier texte publié : un manifeste intime pour toutes celles qui ont appris à se choisir dans le flou.
Parcours
Des mots de nuit aux lettres du jour
Avant qu'il y ait un site, il y a eu des carnets. Des pages noircies à l'encre bleue, des notes prises dans le métro, des lettres jamais envoyées. J'ai longtemps écrit dans le silence, persuadée que ces mots n'avaient pas leur place dans le monde.
Puis, un jour, j'ai partagé une phrase sur les réseaux sociaux. Puis une autre. Des femmes — des inconnues — ont répondu : « C'est exactement ce que je ressens. » C'est ainsi que Lettre d'Esmée est né : non pas d'une ambition littéraire, mais d'un besoin de connexion douce, lente et sans effraction.
Aujourd'hui, je continue d'écrire comme j'ai commencé : le matin, avant que le bruit du monde ne commence. Je ne prétends pas avoir trouvé toutes les réponses. Je collectionne les questions, et je les pose avec soin.
Le manuscrit
Lettre à ceux qui m'ont laissée écrire seule l'histoire
Une exploration intime des silences, des attentes et de l'émancipation personnelle, à travers une prose poétique et lucide.
Lettre à ceux qui m'ont laissée écrire seule l'histoire est né du silence. Pas d'un silence choisi, mais de celui qu'on impose, de celui qu'on accepte pour ne pas déranger, de celui qui entoure les élans restés sans réponse.
C'est un texte hybride, entre fragments, lettres, confidences, règles, ironie douce et lucidité brute. On y parle d'amour, de déséquilibres émotionnels, d'amitiés troubles, de spiritualité confuse et surtout, de retour à soi. Il s'adresse aux femmes, toutes celles qui savent ce que ça coûte de rester digne dans le silence, et ce que ça demande de poser des limites quand on a été trop souvent disponible.
C'est un texte pour celles qui n'ont pas été choisies… et qui apprennent, enfin, à se choisir.
« Je ne veux pas être célèbre. Je veux être utile à celles qui, comme moi, ont longtemps cherché leur nom dans les livres des autres. »
esmée nefrazen